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| MANAGEMENT Les dirigeants expatriés en Amérique se disent très satisfaits de leur carrière |
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Les cadres français s'épanouissent aux États-Unis... et dépriment en France |
Ils seraient entre 3 000 et 5 000 Français à s'être internationalisés en occupant aux États-Unis des postes à hautes responsabilités. Ces cadres dirigeants ont non seulement su s'adapter à un marché libéral ultra concurrentiel, mais aussi se faire un nom et une place dans l'establisment managerial américain. C'est pour mieux les connaître et étudier
les facteurs clés de leur réussite que Transmark Partners, un
cabinet de conseil spécialisé dans l'accompagnement stratégique et
opérationnel d'entreprises françaises installées aux États-Unis,
vient de publier une étude sous le titre États-Unis : La réussite
des cadres français. Réalisée en ligne entre le 15 juin et le 10
juillet 2005 auprès de 90 cadres dirigeants français établis aux
États-Unis, l'étude révèle, comme le souligne Yves Coléon, président
de Transmark Partners, que " le rêve américain est devenu une
réalité pour beaucoup de cadres français qui ont su s'adapter au
marché et partager les valeurs de la société américaine. " Les
conclusions de cette enquête se veulent optimistes et encourageantes
pour les futurs cadres français en mal d'aventure. Alors qui sont-ils, ces cadres dirigeants français, carriéristes de toute évidence, aventuriers et anglophiles qui loin des clichés du Français casanier ont tenté aux États-Unis le tout pour le tout ? Selon l'étude de Transmark Partners, réalisée auprès de 90 cadres français établis aux États-Unis, ils ont à 91% plus de 35 ans (les 25-35 ans ne représentant que 9%) et résident à 69% aux États-Unis depuis plus de 10 ans. Ils occupent à 90% des postes de direction (chefs d'entreprises, PDG, directeurs, associés) et travaillent à 30% pour des compagnies américaines à capitaux français, 25% pour des sociétés françaises et 23% pour des entreprises américaines. Ils exercent leur métier dans divers secteurs d'activité (26% dans les Biens de consommation, 17% dans le Conseil et Cabinets juridiques, 13% dans les Services, 12% dans la Finance et les Assurances, 8% dans les Transports, 7% dans la Restauration, les Loisirs et le Tourisme, 7 % dans la Santé, 5% dans l'Immobilier, et 3% dans les Médias et le Publishing). Leur niveau d'étude est assez élevé, 64% des cadres interrogés ayant Bac + 5 et plus. Et bien évidemment, ils ont tous rêvé de monter leur propre société ou d'être chef d'entreprise. Côté personnel, les cadres français interrogés aiment voyager à l'étranger. Trouver un juste équilibre entre vie familiale et vie professionnelle leur semble primordial. Ils sont fiers de leur héritage français, mais revendiquent d'être parfaitement intégrés dans la communauté américaine. Ils accordent une grande importance à leur réussite matérielle, signe de leur réussite professionnelle. C'est le sens de l'aventure, le goût du voyage, l'intérêt pour la culture américaine et le rêve américain qui les ont poussés à venir travailler aux États-Unis. Le rêve américain. Depuis toujours, il n'a cessé de nourrir les esprits et de séduire les hommes. Hier les pionniers, aujourd'hui les cadres français. Mais derrière cette quête d'absolu se cache une autre réalité, celle d'un attrait manifeste pour une économie américaine dynamique qui fait, selon eux, défaut à la France. 56% des cadres interrogées disent avoir été séduits par la diversité des offres d'emploi aux États-Unis, et 49% regrettent le manque d'opportunités professionnelles en France. Ainsi faut-il lire dans ces chiffres la critique du système économique français, trop morose et sans doute trop figé pour ces entrepreneurs ambitieux. Tenter l'expérience américaine est une
chose, encore faut-il la réussir. Aux États-Unis, la réussite passe
essentiellement par le travail. Pour 96% des cadres intérrogés,
c'est même le tout premier facteur de réussite. Pas étonnant dans un
pays à l'éthique protestante où le salut s'acquiert par le travail,
et où la reconnaissance sociale du travail est un puissant facteur
de motivation individuelle. " Aux États-Unis, peu importe ce que
vous êtes, seul compte ce que vous faites ", a-t-on coutume
d'entendre. Une réalité que les cadres français ont fait leur. Les compétences managériales, évidemment,
sont un corollaire important de la réussite. Pour 83 % des sondés,
c'est même une condition essentielle. Mais la chance n'est pas
étrangère à leur succès. 68% des cadres interrogés ont ainsi
habilement composé avec elle. Enfin, réussir aux États-Unis c'est aussi trouver sa place dans la culture américaine tout en maintenant une identité et un héritage français. Un positionnement culturel pas toujours évident puisque 47% des cadres interrogés reconnaissent avoir connu au début de leur carrière des obstacles d'ordre culturel. Au final, néanmoins, les cadres
dirigeants français aux États-Unis sont des professionnels heureux.
91% des sondés, en effet, se disent satisfaits de leur parcours et
/ou considèrent leur carrière réussie. 77% d'entre eux avouent même
être satisfaits de leur rémunération alors que des études similaires
menées parmi des cadres restés en France indiquent un niveau de
satisfaction proche de 30%. Par Fabienne
PHILIPPART
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